(V., Combat communiste, 1976)
Introduction
Dans un texte précédent nous avons exposé pourquoi la tendance COMBAT COMMUNISTE caractérise l’URSS comme un État bourgeois et la bureaucratie comme une fraction de la bourgeoisie mondiale depuis la contre-révolution stalinienne.
Cette démonstration effectuée, il était indispensable de mettre en lumière le caractère impérialiste de l’URSS et de relier cette politique impérialiste de l’État de Staline et Brejnev à ses fondements économiques et sociaux et à la place occupée par l’URSS sur l’échiquier mondial, d’exposer les liens entre la forme particulière prise par le développement du capitalisme en URSS, le stade atteint par ce développement et les traits particuliers de l’impérialisme russe.
Les « particularités » qui peuvent différencier l’impérialisme russe de ses rivaux constituent en effet l’un des arguments principaux de ceux – en particulier les groupes trotskystes – qui tout en reconnaissant et en dénonçant la « politique de grande puissance » de l’URSS, ses « tendances expansionnistes », etc., lui dénient tout caractère impérialiste et s’obstinent à se ranger à ses côtés en cas de guerre mondiale.
Nous avons également voulu nous démarquer des tendances maoïstes qui ont subitement découvert le caractère impérialiste de l’URSS après la rupture sino-soviétique et qui se satisfont d’une description grossièrement impressionniste des rapports entretenus par l’URSS et les États qu’elle domine pour démontrer sa nature impérialiste. Tout approfondissement de la question est évidemment interdit aux maoïstes sous peine de remettre en question le stalinisme, car il n’y a, de toute évidence, aucune rupture entre la politique impérialiste de Staline et celle de Khrouchtchev et ses successeurs.
Les éléments que nous présentons ici n’épuisent bien évidemment pas la question de l’impérialisme russe dont l’intérêt est primordial pour le mouvement révolutionnaire. Nous espérons cependant contribuer à détruire le mythe trotskyste de 1’« État ouvrier déformé qui défend dans l’arène mondiale les intérêts généraux du prolétariat » et à démasquer les chantres du maostalinisme qui ne dénoncent l’impérialisme russe que pour se mettre au service de la bureaucratie chinoise – et de l’impérialisme français pour certains d’entre eux – comme hier leurs aînés se faisaient les agents de l’impérialisme russe dans le mouvement ouvrier.