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Ni patrie ni frontières
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Blue Labour
Article mis en ligne le 8 août 2026

Idéologie inventée en 2010 par Maurice Glasman et qui réunit, au départ, un petit groupe d’universitaires et de politiciens travaillistes. Ce courant se présente comme « patriotique, internationaliste [?!] et européen », mais aussi « communautarien* » et son site nous offre une définition particulièrement insipide : cette tendance du Parti travailliste souhaite « lancer un défi au consensus libéral de l’ordre capitaliste » en s’inspirant de « la tradition syndicaliste », des mutuelles, des coopératives et de l’économie sociale et solidaire, en se tenant à l’écart de « la gauche révolutionnaire ».

Le Blue Labour veut « protéger la nature et les valeurs humaines contre la marchandisation du capitalisme ». Il a fait une découverte extraordinaire : « ce qui compte pour les gens, ce sont leur famille, leurs relations, leurs amitiés, leur travail en tant que source de valeur créative, un héritage qui donne un sens à la vie et, pour certains, la foi » sans oublier… « l’amour » !!!

Après nous avoir infligé ces banalités, les seules propositions concrètes avancées se limitent au développement de « l’enseignement professionnel », à la création de « banques régionales » et à « la présence de travailleurs dans les conseils d’administration ».

Au cas où, après cela, vous auriez encore des illusions, un article dithyrambique paru dans Le Grand Continent devrait vous déniaiser. Selon l’auteur [Large, 2025], « Maurice Glasman souhaitait donc retrouver l’identité “prolétaire” [ ?!] du Labour et renouer avec le traditionalisme travailliste empreint de solidarité communautaire, d’enracinement culturel et de dignité humaine », ce qu’il appelle, sans rire, « une assise idéologique robuste » ! Il nous apprend que le Premier ministre, Keith Starmer, et plusieurs ministres et parlementaires actuels sont des adeptes de cette bouillie idéologique qui veut limiter l’immigration ainsi que « reconstruire un pacte entre le capital et le travail ». Tout cela fait penser au corporatisme (planiste des années 1930, pétainiste sous l’Occupation et gaulliste sous la Cinquième République) inspiré par le solidarisme* français comme le souligne le journaliste enthousiaste du Grand Continent.