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Ni patrie ni frontières
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BNP (British National Party)
Article mis en ligne le 8 août 2026

Organisation initialement néonazie, antisémite et ouvertement raciste créée en 1982, dotée d’un groupe paramilitaire (Combat 18) plus tard interdit. Sous la direction de Nick Griffin, à partir de 2001, le BNP a partiellement changé de cible, en attaquant les musulmans, les demandeurs d’asile et les immigrés non européens plutôt que les Juifs, tout en continuant à prôner le séparatisme « racial ». Hostile au multiculturalisme, favorable à la peine de mort et au retour « volontaire » des immigrés et descendants d’immigrés dans leur pays d’origine ou celui de leurs parents, le BNP revendique ses racines « anglosaxonnes, celtes et nordiques », et vante les mérites de la « race caucasienne », ce qui ne l’a pas empêché de faire des appels du pied aux Juifs, aux Hindous et aux Sikhs, lors des élections, contre les musulmans. Il a connu une petite percée en 2008 et 2009, ce qui lui a permis de faire élire 100 conseillers municipaux et 2 députés, mais les a tous perdus en 2014 et 2015, redevenant ainsi un groupuscule, puisque ses électeurs et électrices se sont massivement tournés vers l’UKIP.

Certains universitaires voient dans le BNP une sorte de disciple du Front national qui combine « xénophobie ethnonationaliste, ethnopluraliste et populisme anti-élites », les deux premières caractéristiques permettant de le ranger dans la catégorie « extrême droite » et la troisième dans la catégorie « populisme » puisque le BNP serait « plus antiélitiste que raciste, antisémite ou xénophobe » [Jamin, 2014]. Ces nuances négligent un facteur essentiel : la façon dont les populistes, fussent-ils de gauche, s’attaquent à « l’élite », ou à « l’oligarchie », repose sur des tropes identiques à ceux de l’antisémitisme politique et qui se recoupent – ce que le social-patriote Jean-Luc Mélenchon nous a prouvé à d’innombrables reprises dans ses déclarations publiques.