Membre de la Stahlhelm*, une organisation paramilitaire d’extrême droite, ce propriétaire d’une ferme de 120 hectares organise, à partir de 1928, un mouvement dans le Schleswig-Holstein, Land situé face au Danemark, pour refuser de payer les impôts et empêcher les saisies de bétail des agriculteurs endettés comme lui-même. Il planifie une série d’attaques à la bombe contre des bâtiments gouvernementaux, des mairies et même un journal jugé trop critique à l’égard de son mouvement, sans blesser personne. Heim est condamné à sept ans de prison en 1930, mais amnistié en 1932. Une fois au pouvoir, les nazis le font arrêter en 1939 mais il échappe à la déportation…grâce à son beau-frère, un membre influent de NSDAP.
Selon le témoignage d’un idéologue fasciste impliqué dans ce mouvement, « Une seule fois, le symbole des nationaux-révolutionnaires, le drapeau noir (Moeller van den Bruck l’avait proposé comme emblème et tous les groupes nationaux-bolchevistes l’avaient accepté) a joué un rôle historique sous le régime de Weimar : dans le mouvement rural du Schleswig-Holstein (qui avait des ramifications dans le Wurtemberg, le Mecklembourg, la Poméranie, la Silésie, etc.). Claus Heim, un riche paysan plein d’expérience, devint le centre de la défense des paysans contre le “système” de Weimar. Alors des intellectuels nationaux-révolutionnaires ont eu en mains l’éducation idéologique de masses paysannes qui, naturellement, n’étaient pas du tout “nationales-bolchevistes”. Bruno et Ernst von Salomon, et bien d’autres encore, ont essayé, surtout dans les organes du mouvement rural, de donner un sens “allemand-révolutionnaire” et, dépassant les intérêts locaux, aux bombes lancées contre les Landratsämter [les bureaux administratifs des Länder], aux expulsions des fonctionnaires du fisc venus percevoir l’impôt dans les fermes, à l’interdiction par la force des enchères » [Karl O. Paetel, Le national-bolchevisme allemand de 1918 à 1932, Ars Magna, 1952].
Deux romans évoquent la figure de Claus Heim : La ville d’Ernst von Salomon (Gallimard, 1986) et Levée de fourches de Hans Fallada (1942).