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Ni patrie ni frontières
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Jünger, Ernst (1895-1998)
Article mis en ligne le 17 août 2026

Engagé dans la Légion étrangère à 17 ans, puis dans l’armée durant la première guerre mondiale, il travaille pour le ministère des Armées, puis entame une carrière d’écrivain et de journaliste.

Dans une première phase, dite du « nihilisme prussien », Jünger fait l’éloge de « la fécondité du chaos » et vante « la nécessité de la “table rase”, présentée comme le préalable indispensable à l’émergence d’une “Allemagne plus profonde”, organisée sur un modèle “prussien” (1) ».

Puis il développe ses « réflexions sur la Mobilisation totale (1930), pour déboucher, en 1932, sur l’opus magnum du Travailleur, où Jünger précise que “le concept prussien du devoir se laisse tout à fait couler... dans le monde du ‘Travail’” (2) » – entendre, dans le monde de la technique. Il fréquente les milieux nationaux-révolutionnaires et nationaux-bolcheviks et se retire dans un prétendu « exil intérieur » pour ne pas se compromettre trop avec le régime hitlérien. Mobilisé en 1939, il se bat jusqu’en 1944.

Après-guerre, il deviendra un « monument littéraire », adulé par la droite mais aussi par une bonne partie de la gauche (Mitterrand en tête) qui ne lui tiendront pas rigueur de ses engagements politiques, ni de ses amitiés avec des nazis comme Joachim von Leers , ou avec des philofascistes comme Niekisch, bien après la seconde guerre mondiale.

1. Dupeux, Louis (1987), « Le prussianisme de la “« révolution conservatrice »” allemande (1919-1933) », Revue d’Allemagne et des pays de langue allemande, tome 19 n°3, juillet-septembre, https://www.persee.fr/doc/reval0035-09741987num1932894

2. Idem.