Le Parti communiste d’Allemagne-Opposition est un groupe dissident formé en 1928 et qui fut exclu en 1929 du KPD. Animé par Heinrich Brandler et August Thalheimer, qui avaient eu auparavant un rôle dirigeant au sein du Parti, ce groupe s’oppose à la politique sectaire de l’Internationale communiste qui consiste notamment à dénoncer sans cesse le SPD comme « social-fasciste », à faciliter des scissions syndicales pour créer des organisations entièrement contrôlées par le Parti, etc.
Au départ, le KPO regroupe entre 3 000 et 4 000 membres, essentiellement des délégués de comités d’entreprise, des responsables syndicaux, des élus locaux et des intellectuels. Il prône le Front unique contre le fascisme en Allemagne mais critique également la politique des fronts populaires quand elle est adoptée en 1935. Le KPO se prépare à passer à la clandestinité dès 1932 et arrive à survivre à la répression de la Gestapo au moins jusqu’en 1937.
Après-guerre, en RDA, de nombreux anciens membres du KPO rejoignirent le KPD, puis le SED mais ils furent marginalisés au sein du parti unique stalinien est-allemand dès 1950. Aujourd’hui, deux petits groupes continuent à se réclamer du KPO. Arbeiterpolitik (https://arbeiterpolitik.de/) et Arbeiterstimme (https://www.arbeiterstimme.org/) – le second étant issu d’une scission du premier en 1971. Les deux organisations se prétendent « antistaliniennes », mais croient en même temps qu’un « bloc socialiste » a survécu sur cette planète jusqu’en 1989 – ce qui est pour le moins absurde !