Créé en 1964 par des militants de deux petits partis d’extrême droite (le SRP et le DRP), il se présente régulièrement aux élections locales, nationales et même européennes (il réussira à avoir un eurodéputé en 2014 !), avec plus ou moins de succès, son score allant de 0,9 à 9,8 % selon les scrutins (en Allemagne, il faut atteindre les 5% des suffrages exprimés pour avoir un député).
« […]le NPD a connu une première percée en 1966-67, entrant au Parlement de plusieurs Länder de la république fédérale, alors touchée par une récession économique et gouvernée par une “grande coalition” — soit une situation favorable à une réaction antisystème. À son point culminant, lors des élections fédérales de 1969, le NPD remportait 4,3 % des voix. Après une longue période de déclin, qui se doubla d’une radicalisation idéologique vers le néo-nazisme et la négation de la Shoah, le parti a retrouvé le succès en 2004-2016 en faisant élire des députés dans plusieurs parlements des États de l’Allemagne de l’Est.
Le NPD avait réussi à y capter le mécontentement d’une partie des couches modestes de la population, y compris des jeunes, pour qui la réunification avait signifié la fin de l’emploi garanti, la privatisation de l’industrie, le passage à une société multiculturelle et accueillant des réfugiés, donc la résurgence d’un ethnocentrisme que la dénazification très imparfaite de la RDA et le slogan communiste de l’amitié entre les peuples n’avaient jamais éradiqué dans la réalité. L’une des originalités du NPD, désormais réduit à 0,1 % des voix (2021), est un soutien à l’Iran et aux fractions palestiniennes radicales, son neutralisme en politique étrangère et sa volonté de retour aux frontières de 1937 (1). »
L’infiltration policière est telle jusqu’au sein de la direction du NPD que la justice n’arrive jamais à faire interdire le parti, malgré divers procès. Le NPD développe pourtant le discours classique des néonazis : il dénonce la prétendue « culture de la culpabilité » qui règne en RFA ; réclame la restitution des terres allemandes perdues après 1945 ; dénonce l’immigration comme un « génocide de facto » ; défend des positions antisionistes, propalestiniennes et pro-iraniennes ; compare la guerre de Gaza de 2008-2009 à l’Holocauste ; dénonce les footballeurs d’origine extra-européenne comme étant indignes de faire partie de l’équipe nationale, etc. Regroupant entre 3 000 et 5000 membres selon les périodes, le NPD a changé de nom pour devenir Die Heimat en 2023, toujours sur la même ligne politique.
NOTE
1. Jean-Yves Camus, https://www.iris-france.org/presse/lextreme-droite-allemande-en-2023/.