Sigle signifiant en allemand : Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident. Ces manifestations organisées, via les réseaux sociaux, tous les lundi à Dresde à partir du 20 octobre 2014 se sont étendues à toute l’Allemagne, mais surtout dans les régions de l’ancienne RDA. Des bagarres violentes entre des musulmans et des yézidis à… Hambourg et une action jugée intempestive en faveur du PKK à Dresde furent le point de départ (ou plutôt le prétexte initial) de ce mouvement. Elles ont immédiatement été soutenues par l’hebdomadaire d’extrême droite Junge Freiheit, le magazine national-conservateur Sezession, l’AfD, des groupes de hooligans, etc. En fait de lutte contre « l’islam radical » et l’islamisme, il s’agit surtout d’un combat contre le droit d’asile et une prétendue « infiltration étrangère ». Comme dans la propagande d’extrême droite en France, les thèmes se mélangent : de la critique de l’excessive « générosité » de l’Etat-providence, à la dénonciation des médias, en passant par la défense de l’intérêt national voire régional. Les spécialistes débattent de la nature de ce type de mouvement (populiste ? rebelle-autoritaire ? raciste ? xénophobe ? fascisant ?) sans arriver à se mettre d’accord et surtout sans trouver le moyen de le marginaliser [ Weiss, 2015].