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Prussianisme
Article mis en ligne le 30 septembre 2026

Même s’il existe plusieurs conceptions du prussianisme (terme plus répandu que l’« Esprit de Potsdam » à peu près synonyme et utilisé Niekisch), elles défendent toutes les mêmes principes : le militarisme fondé sur les vertus supposées de l’Ordre teutonique et de l’armée prussienne ; le culte de l’État comme agent d’homogénéisation de la « communauté nationale » et donc la primauté du politique sur l’économique ; le sens du devoir et de l’honneur, la discipline, le respect de l’autorité et l’esprit de sacrifice ; un style de vie frugal, austère et modeste ; le culte de l’efficacité organisationnelle (que ce soit celles des fonctionnaires ou des entreprises) et de la technique. Tous ces principes sont mobilisés au service de la puissance de l’État, de la nation, et même, pour les courants « völkisch » et nazis, au service de la race germanique ou « aryenne », ce qui peut servir à justifier des projets pangermanistes et impérialistes. Les valeurs du « prussianisme » seront aussi mobilisées par les conjurés du 20 juillet 1944 qui cherchèrent à renverser le « Troisième Reich ». Pour approfondir, on lira les articles de Dupeux [1987] et Gisselbrecht [1987] ainsi que celui de Lukacs ( https://www.marxists.org/archive/lukacs/works/1944/prussianism.htm).

SOURCES

Dupeux, Louis, "Le Prussianisme de la « Révolution Conservatrice » allemande (1919-1933). In : Revue d’Allemagne et
des pays de langue allemande, tome 19 n°3, juillet-septembre 1987.
https://www.persee.fr/doc/reval_0035-0974_1987_num_19_3_2894

Gisselbrecht, André, "Thomas Mann et le Prussianisme", Revue d’Allemagne et des pays de langue allemande, tome 19
n°3, juillet-septembre 1987,https://www.persee.fr/doc/reval_0035-0974_1987_num_19_3_2893 ;